Mis à jour le 27 août 2026
Sommaire
Naval Group est une entreprise française de construction navale militaire, contrôlée majoritairement par l’État et spécialisée dans les sous-marins, les bâtiments de surface et les systèmes associés. Son absence du CAC 40 tient d’abord à un fait simple, souvent oublié dans les discussions boursières : ses actions ne sont pas admises à la négociation sur un marché financier ouvert.
En bref : Naval Group ne peut pas intégrer le CAC 40 tant qu’elle reste une société non cotée. L’État français détient 62,25 % du capital et Thales 35 %, tandis que le solde est principalement lié à l’actionnariat salarié et à l’autodétention.
Pourquoi Naval Group ne peut-elle pas entrer au CAC 40 ?
Naval Group n’est pas cotée sur Euronext Paris ni sur un autre marché boursier accessible au public. Or le CAC 40 regroupe des entreprises dont les actions sont négociées sur le marché parisien et qui répondent aux critères de sélection de l’indice. Sans cours public, sans volumes d’échanges et sans flottant boursier, Naval Group ne peut donc pas être candidate.
Le CAC 40 ne classe pas toutes les grandes entreprises françaises. Il sélectionne des sociétés cotées à partir de critères liés à la capitalisation flottante, à la liquidité et à la représentativité du marché. La taille industrielle de Naval Group, son chiffre d’affaires d’environ 4,3 milliards d’euros en 2024 et son rôle dans la défense maritime ne suffisent pas à compenser l’absence de cotation.
Pour vérifier quelles entreprises composent l’indice et distinguer les sociétés cotées des grands groupes non admis en Bourse, consultez cette liste des entreprises du CAC 40.
Quel actionnariat bloque l’ouverture au marché ?
La structure du capital laisse peu de place à un marché d’actions destiné aux investisseurs particuliers. L’État français possède 62,25 % de Naval Group et Thales en détient 35 %. Ces deux participations représentent ensemble 97,25 % du capital.
| Actionnaire ou détenteur | Part indiquée | Conséquence pour la Bourse |
|---|---|---|
| État français | 62,25 % | Contrôle public majoritaire |
| Thales | 35 % | Participation industrielle stratégique |
| Salariés et anciens collaborateurs | 1,74 % | Actionnariat salarié non assimilable à un flottant boursier ouvert |
| Naval Group en autocontrôle | 0,99 % | Actions détenues par la société elle-même |
| Collaborateurs en détention directe | 0,02 % | Part très limitée et non constitutive d’un marché public |
Cette répartition explique pourquoi le capital n’est pas organisé autour d’un flottant important. Une introduction en Bourse supposerait de déterminer quelle part pourrait être ouverte au public, quels droits conserverait l’État et comment protéger les décisions liées aux programmes militaires sensibles.
La défense navale justifie-t-elle ce contrôle public ?
Oui, le secteur d’activité pèse directement dans la décision de conserver un contrôle étroit. Naval Group conçoit et entretient des sous-marins, des navires militaires et des systèmes liés à la défense nationale. Une prise de participation étrangère, même minoritaire, pourrait soulever des questions de souveraineté, de propriété industrielle et d’accès à des informations sensibles.
La cotation créerait aussi des obligations de communication financière et de transparence envers les marchés. Ces obligations ne signifient pas qu’une entreprise de défense devrait révéler ses secrets opérationnels, mais elles imposeraient un cadre public plus large autour de sa stratégie, de ses risques et de ses performances. Pour un groupe travaillant avec l’État français et des clients militaires étrangers, cette exposition doit être arbitrée avec prudence.
Le contrôle public ne supprime pas toute logique industrielle ou commerciale. Naval Group travaille avec Thales et participe à des projets internationaux, tandis que son activité dépend de contrats publics, de programmes pluriannuels et de décisions géopolitiques. Cette combinaison rend son fonctionnement différent de celui d’une entreprise industrielle classique du CAC 40.
Pourquoi Thales est-elle au CAC 40 et Naval Group non ?
Thales est une société cotée sur Euronext Paris, avec une action négociable, un cours public, des volumes d’échange et des informations financières destinées aux investisseurs. Naval Group, malgré la participation de 35 % détenue par Thales, reste une société non cotée. La présence de sa société mère ou de son partenaire industriel dans l’indice ne lui donne donc aucun droit d’accès automatique au CAC 40.
Cette distinction est importante pour l’investisseur. Acheter une action Thales ne revient pas à acheter une action Naval Group : Thales exerce plusieurs activités dans la défense, l’aéronautique, la cybersécurité et le spatial. Sa performance boursière dépend de l’ensemble du groupe, de ses résultats propres et de ses perspectives, pas de Naval Group uniquement.
La cotation de Thales permet toutefois une exposition indirecte à une participation industrielle liée à Naval Group. Cette exposition reste partielle et ne fournit ni un cours séparé de Naval Group, ni un dividende distribué directement au public par Naval Group.
Une introduction de Naval Group est-elle prévue ?
Aucun calendrier officiel d’introduction en Bourse n’est établi. L’hypothèse revient régulièrement dans les discussions financières, mais elle reste conditionnée à une décision de l’État, à une évolution de l’actionnariat et à des garanties précises sur le maintien du contrôle stratégique.
Une éventuelle opération devrait aussi préciser le périmètre concerné. L’État pourrait conserver la majorité du capital, prévoir des droits spécifiques ou encadrer les participations étrangères. Tant qu’aucune décision officielle n’est annoncée, il n’existe donc ni action Naval Group achetable par un particulier, ni code boursier fiable, ni cours public de référence.
Les salariés disposent, dans certaines conditions, d’un dispositif d’épargne salariale lié aux actions de l’entreprise. Une valorisation interne de 80,14 € par action a été mentionnée à la fin du mois d’avril 2025, mais elle ne correspond pas à un cours coté et ne crée pas de liquidité sur un marché ouvert.
Questions fréquentes
Un particulier peut-il acheter une action Naval Group ?
Un particulier ne peut pas acheter librement une action Naval Group auprès d’un courtier traditionnel, puisque la société n’est pas cotée. L’actionnariat salarié constitue un dispositif distinct, réservé aux collaborateurs concernés et soumis à ses propres règles.
Le titre Thales donne-t-il accès directement à Naval Group ?
Non. Thales détient 35 % de Naval Group, mais son action représente le groupe Thales dans son ensemble. Elle offre une exposition indirecte à cette participation, sans donner la propriété directe d’actions Naval Group.
La valorisation de 80,14 € est-elle un cours de Bourse ?
Non. Cette valeur concerne une évaluation interne destinée à l’épargne salariale et non une cotation publique. Elle ne permet pas d’acheter ou de revendre librement le titre sur Euronext.
Naval Group verse-t-elle un dividende aux investisseurs particuliers ?
Non, aucun dividende public n’est distribué à des investisseurs particuliers puisque les actions ne sont pas accessibles sur un marché boursier. Les éventuels flux entre actionnaires relèvent de la structure privée du capital.
Naval Group reste donc en dehors du CAC 40 pour une raison préalable à toute question de classement : ses actions ne sont pas cotées. Son contrôle majoritairement public, son activité militaire et la faible ouverture de son capital rendent une introduction hypothétique, tandis que Thales constitue seulement une porte d’exposition indirecte au secteur.
Sources
Sources consultées le 27 août 2026.
- Thales : le géant de la défense du CAC 40 va-t-il plonger à la Bourse de Paris ? – Capital.fr, www.capital.fr/entreprises-marches/thales-le-geant-de-la-defense-du-cac-40-va-t-il-plonger-a-la-bourse-de-paris-1516716
- investir.lesechos.fr/actu-des-valeurs/la-vie-des-actions/un-acte-malveillant-contre-naval-group-et-laccord-ue-us-pese-sur-laction-thales-2178616