Mis à jour le 14 septembre 2026
Sommaire
L’actionnariat de la FDJ désigne la répartition du capital de l’opérateur historique des jeux d’argent après son introduction en Bourse. Pour comprendre ce que l’État conserve réellement, il faut distinguer sa participation financière, ses droits de vote et ses pouvoirs de régulation.
En bref : l’État français détient 21 % du capital de FDJ UNITED en février 2026, contre 72 % avant la privatisation. Il conserve aussi des pouvoirs spécifiques sur les dirigeants, certains actionnaires importants et la politique des jeux.
Combien l’État détient-il encore dans FDJ UNITED ?
L’État français détient 21 % du capital de FDJ UNITED en février 2026, contre 72 % avant la privatisation et environ 20 % au terme de l’opération de 2019. La participation publique a donc fortement diminué, mais elle reste suffisamment significative pour peser dans la gouvernance et dans les décisions stratégiques.
Le chiffre de 20 % correspond à l’objectif annoncé au moment de l’introduction en Bourse. Le rapport d’activité intégré de FDJ UNITED publié pour l’exercice 2025 retient une photographie plus récente, établie en février 2026, avec 21 % du capital pour l’État français. Cette différence tient à l’évolution de la structure du capital et aux arrondis utilisés dans les documents institutionnels.
Une donnée de marché publiée le 14 septembre 2026 recense 39 074 508 actions détenues par l’Agence des participations de l’État, soit 21,09 % du capital. Ce chiffre donne une précision supplémentaire, mais il ne remplace pas la répartition par grandes catégories publiée par FDJ UNITED en février 2026.
Comment le capital de FDJ UNITED est-il réparti en février 2026 ?
En février 2026, FDJ UNITED est détenue à 21 % par l’État français, à 25 % par les institutionnels internationaux, à 16 % par les institutionnels français, à 16 % par les associations d’anciens combattants, à 18 % par les actionnaires individuels et à 4 % par les fonds salariés. Ces six catégories représentent ensemble 100 % du capital.
| Catégorie d’actionnaires | Part du capital | Ce que cela signifie |
|---|---|---|
| État français | 21 % | Participation publique directe |
| Institutionnels internationaux | 25 % | Fonds et investisseurs professionnels étrangers |
| Institutionnels français | 16 % | Investisseurs professionnels établis en France |
| Associations d’anciens combattants | 16 % | Actionnaires historiques liés à la structure de la Française des jeux |
| Actionnaires individuels | 18 % | Particuliers détenant directement des actions |
| Fonds salariés FDJ UNITED | 4 % | Épargne collective investie au nom des salariés |
Cette répartition ne doit pas être confondue avec les classements détaillés des principaux détenteurs. Une photographie de marché fait apparaître, par exemple, l’État à 21,09 %, l’Union des blessés de la face et de la tête à 10,42 %, Goldman Sachs International à 7,44 %, la Fédération nationale André Maginot à 4,986 % et Amundi à 4,186 %. Ces chiffres portent sur des détenteurs identifiés et ne suivent pas exactement la même méthode que le découpage par catégories du rapport de FDJ UNITED.
La part du capital ne donne pas automatiquement la même proportion de droits de vote. La Cour des comptes indiquait qu’après la privatisation l’État détenait 20 % du capital mais 28 % des droits de vote. La ventilation exacte des droits de vote par catégorie en février 2026 n’est pas donnée dans les éléments publiés ici. Pour approfondir cette distinction entre détention économique et influence en assemblée, vous pouvez aussi consulter notre article sur les actionnaires de Veolia.
Que peut encore faire l’État avec une participation minoritaire ?
L’État français conserve en 2026 un pouvoir d’agrément des dirigeants de FDJ UNITED et des actionnaires franchissant 10 % du capital ou des droits de vote, malgré sa participation minoritaire. Son influence ne repose donc pas uniquement sur le nombre d’actions détenues.
Le président-directeur général et le directeur général délégué doivent être approuvés par le ministère de l’Économie et le ministère chargé du Budget, après consultation de l’Autorité nationale des jeux. Le ministre chargé du Budget nomme aussi un commissaire du gouvernement, qui siège au conseil d’administration avec une voix consultative.
Un actionnaire qui franchit le seuil de 10 % du capital ou des droits de vote doit obtenir l’approbation du ministère des Finances. La Cour des comptes décrit ce mécanisme comme une barrière à l’évolution du capital. Il limite la possibilité pour un investisseur de constituer rapidement une position dominante sans examen préalable de l’État.
Cette organisation donne à l’État une influence supérieure à celle que laisserait supposer une simple participation de 21 %. Elle ne signifie toutefois pas que l’État dispose d’une majorité ordinaire sur toutes les résolutions. Le contrôle public passe ici par l’agrément, la présence institutionnelle et la réglementation des jeux.
Qu’a rapporté la privatisation et que l’État a-t-il perdu ?
La privatisation de FDJ a procuré à l’État une recette exceptionnelle de plus de 2 milliards d’euros en 2019-2020, tandis que l’État a conservé les prélèvements fiscaux liés aux jeux mais une part plus faible des dividendes. Il faut donc séparer les recettes encaissées au moment de la vente des flux qui peuvent se poursuivre chaque année.
Le ministère de l’Économie annonçait, lors de l’introduction en Bourse de novembre 2019, une recette supérieure à 2 milliards d’euros pour l’État. La Cour des comptes retient de son côté un total de 2,4 milliards d’euros de recettes exceptionnelles tirées de la privatisation en 2020. Ces deux chiffres ne décrivent pas exactement le même périmètre comptable, mais ils mesurent une rentrée ponctuelle liée à l’opération.
La vente d’une partie du capital réduit mécaniquement la fraction des dividendes revenant à l’État. En contrepartie, le ministère de l’Économie indiquait que l’État conservait l’intégralité des recettes fiscales liées aux jeux. Le rendement public ne se limite donc pas aux dividendes de FDJ UNITED : il comprend aussi la fiscalité appliquée à l’activité de jeux, avec une nature et une périodicité différentes.
La comparaison entre les dividendes abandonnés et les prélèvements fiscaux conservés ne peut pas être résumée par un chiffre unique avec les données disponibles ici. Les dividendes dépendent des résultats et de la politique de distribution du groupe, tandis que les recettes fiscales dépendent du volume et de la structure des jeux exploités.
Pourquoi la soulte est-elle passée de 380 à 477 millions d’euros ?
La soulte versée par FDJ pour sécuriser ses droits exclusifs est passée de 380 à 477 millions d’euros après la décision de la Commission européenne annoncée le 31 octobre 2024. L’ajustement représente un complément de 97 millions d’euros.
Cette somme est liée aux droits exclusifs accordés à FDJ dans le cadre de la privatisation. Ces droits, prévus pour une durée limitée de 25 ans, constituent un élément distinct de la vente des actions. La soulte ne correspond donc ni au prix d’une action ni à un dividende versé à l’État.
En 2024, FDJ a indiqué que la Commission européenne concluait à l’absence d’aide d’État au bénéfice de l’entreprise dans le cadre de sa privatisation. Le montant ajusté de 477 millions d’euros doit être lu comme le résultat financier final de ce mécanisme, et non comme une nouvelle recette de privatisation encaissée par l’État.
Quel est le véritable bilan de la privatisation ?
Le bilan de la privatisation de FDJ combine une participation publique réduite à 21 % en février 2026, un contrôle réglementaire maintenu et une perte de poids de l’État dans les dividendes futurs. La transformation a donc modifié la propriété économique de l’entreprise sans supprimer la capacité d’intervention publique sur le secteur des jeux.
Avant 2019, l’État détenait 72 % du capital depuis une trentaine d’années. Après l’opération, FDJ est devenue une société cotée avec un actionnariat plus dispersé, comprenant des investisseurs professionnels, des particuliers, des salariés et les associations d’anciens combattants. Le groupe a aussi élargi son périmètre international, en particulier après l’intégration de Kindred et de ses activités sous la marque Unibet.
Le contrôle public reste concentré sur les domaines sensibles. L’agrément des dirigeants, le contrôle des franchissements de seuil et la présence d’un commissaire du gouvernement donnent à l’État des leviers spécifiques. Ces pouvoirs ne transforment pas sa participation minoritaire en propriété publique majoritaire, mais ils encadrent la stratégie d’un opérateur actif dans un secteur réglementé.
Pour un particulier, l’enjeu financier est différent selon qu’il détient des actions, envisage d’en acheter ou cherche simplement à comprendre la politique publique des jeux. Le cours de Bourse, les dividendes et la valeur de la participation de l’État évoluent séparément des recettes fiscales et des pouvoirs réglementaires. Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil personnalisé; une décision d’investissement mérite l’avis d’un conseiller financier habilité.
La privatisation a donc transféré une grande partie de la propriété de FDJ vers le marché tout en maintenant une présence publique forte. L’État n’est plus l’actionnaire majoritaire, mais il conserve 21 % du capital et des prérogatives qui dépassent le simple poids de ses actions.
Questions fréquentes
L’État est-il encore l’actionnaire de référence de FDJ UNITED ?
L’État est le principal détenteur individuel identifié avec 21,09 % du capital et 39 074 508 actions dans la photographie de marché publiée le 14 septembre 2026. Cette position ne suffit toutefois pas à lui donner seule la majorité des votes.
Les actionnaires individuels ont-ils encore une place importante ?
Les actionnaires individuels représentent 18 % du capital dans la répartition de février 2026. FDJ UNITED ouvre son Club Actionnaires à toute personne majeure dès la détention d’une première action, ce qui constitue un dispositif d’information et d’échange, pas un pouvoir collectif automatique sur les décisions de l’entreprise.
La participation de l’État a-t-elle changé après l’intégration de Kindred ?
L’intégration de Kindred a modifié le périmètre international et économique de FDJ UNITED, mais la répartition publiée en février 2026 attribue toujours 21 % du capital à l’État français. La valeur économique de cette participation peut évoluer même lorsque son pourcentage reste stable.
L’État peut-il redevenir majoritaire ?
Aucun projet de modification de la participation publique n’est présenté dans le bilan parlementaire disponible, qui indique que la situation est considérée comme conforme aux intérêts de l’État. Un retour à la majorité nécessiterait une opération d’acquisition et un financement qui ne sont pas documentés ici.
Le seuil de 10 % concerne-t-il uniquement le capital ?
Le contrôle vise le franchissement de 10 % du capital ou des droits de vote. Un investisseur peut donc être concerné même si sa position en capital et sa position en droits de vote ne sont pas identiques.
Sources
Sources consultées le 14 septembre 2026.
Données relevées à cette date ; elles ont pu changer depuis. Confirmez auprès de l’organisme concerné.
- presse.economie.gouv.fr/1038-remise-de-2-777-526-actions-fdj-complementaires-aux-actionnaires-particuliers-ayant-conserve-leurs-titres-depuis-lintroduction-en-bourse/
- Actionnaires de la société Fdj – BFM Bourse, www.tradingsat.com/fdj-FR0013451333/actionnariat.html
- FDJ United : Actionnaires, composition de l’Actionnariat – Zonebourse, www.zonebourse.com/cours/action/FDJ-UNITED-75739100/societe-actionnaires/