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Actionnaires de Thales : que détiennent l’État et Dassault ?

P 12 septembre 2026
Actionnaires de Thales : que détiennent l’État et Dassault ?

Mis à jour le 12 septembre 2026

Sommaire

Les actionnaires de Thales ne se résument pas à deux pourcentages de capital. Pour comprendre qui influence réellement le groupe coté sur Euronext Paris, il faut distinguer les actions détenues, les droits de vote, la présentation des participations et le pacte conclu entre l’État et Dassault Aviation.

En bref : au 30 juin 2026, l’État français détient 26,60 % du capital de Thales et 36,34 % de ses droits de vote. Dassault Aviation détient 26,59 % du capital et 29,95 % des droits de vote. Les deux actionnaires agissent de concert dans le cadre d’un pacte, tandis que Dassault Aviation affiche une participation de 27 % dans Thales au 7 septembre 2026.

Que détiennent exactement l’État et Dassault Aviation dans Thales ?

Au 30 juin 2026, l’État français détient 26,60 % du capital de Thales et 36,34 % de ses droits de vote, tandis que Dassault Aviation détient 26,59 % du capital et 29,95 % des droits de vote.

La différence entre capital et droits de vote est déterminante. La participation au capital mesure la part des actions possédées. Les droits de vote mesurent le poids exercé lors des assemblées générales. L’État dispose donc d’une influence en assemblée supérieure à ce que laisserait penser son seul pourcentage de capital.

Actionnaire ou catégorieCapital de ThalesDroits de vote de ThalesDate de référence
État français26,60 %36,34 %30 juin 2026
Dassault Aviation26,59 %29,95 %30 juin 2026
Salariés2,93 %3,76 %30 juin 2026
Autocontrôle de Thales0,23 %Non détaillé dans le tableau présenté30 juin 2026
Public43,65 %29,95 %30 juin 2026

Thales indique également un total de 205 941 913 actions composant son capital à cette date. La société reste donc cotée, avec une part importante de titres dans le public, mais son contrôle ne dépend pas uniquement de la répartition du flottant.

Pourquoi les chiffres officiels ne sont-ils pas exactement les mêmes ?

Au 7 septembre 2026, Dassault Aviation affiche 27 % de Thales dans son organigramme, alors que Thales publie 26,59 % au 30 juin 2026, soit deux chiffres officiels portant sur des dates et des présentations différentes.

Le chiffre publié par Thales est une photographie détaillée de la structure de son propre capital à une date donnée. Le chiffre de Dassault Aviation est présenté dans un organigramme simplifié du groupe Dassault Aviation, avec une référence au 7 septembre 2026. Entre ces deux dates, une variation de titres, un arrondi ou une méthode de présentation différente peut produire un écart de 0,41 point.

Il serait donc incorrect de transformer automatiquement « 27 % de Thales » en une détention strictement identique à 26,59 %. La donnée de Dassault Aviation ne précise pas, dans l’organigramme reproduit, si ce pourcentage correspond exactement à la participation directe de Dassault Aviation ou à une présentation arrondie de son exposition au capital de Thales.

La déclaration publiée par l’Autorité des marchés financiers apporte une autre information. Dassault Aviation y indique agir de concert avec l’État français à l’égard de Thales dans le cadre du pacte d’actionnaires. Le concert est donc une notion de gouvernance et de contrôle, distincte de la simple addition mécanique de deux pourcentages affichés sur deux sites à des dates différentes.

Cette distinction protège contre une erreur fréquente dans les articles financiers. Une donnée à 27 % publiée par Dassault Aviation et une donnée à 26,59 % publiée par Thales ne se contredisent pas nécessairement. Elles ne décrivent pas la même photographie ni le même niveau de détail.

Pourquoi l’État dispose-t-il de plus de droits de vote que de capital ?

Au 30 juin 2026, l’État français dispose de 36,34 % des droits de vote de Thales pour 26,60 % du capital, tandis que Dassault Aviation dispose de 29,95 % des droits de vote pour 26,59 % du capital.

Un tel écart traduit l’existence de droits de vote attachés à certaines actions dans des conditions plus favorables que le simple décompte des titres. La durée de détention au nominatif peut produire un renforcement des droits de vote lorsqu’elle répond aux règles applicables à la société, ce qui explique qu’un actionnaire puisse peser davantage dans les votes que dans le capital.

L’État bénéficie aussi d’une position particulière dans la gouvernance de Thales. Le pacte d’actionnaires et les droits spécifiques liés à l’entreprise de défense complètent son influence capitalistique. Le pourcentage de 36,34 % ne signifie donc pas que l’État possède 36,34 % des actions : il mesure sa part des droits de vote recensés par Thales au 30 juin 2026.

Pour un salarié, un entrepreneur ou un investisseur particulier, cette différence change la lecture du pouvoir réel. Une décision soumise à l’assemblée générale se juge avec les droits de vote, tandis qu’une analyse économique de la propriété du groupe commence par le capital détenu.

Que prévoit le pacte d’actionnaires entre l’État et Dassault ?

Depuis l’adhésion de Dassault Aviation au pacte du 28 décembre 2006 le 19 mai 2009, l’État français et Dassault Aviation agissent de concert vis-à-vis de Thales.

Le pacte organise une relation durable entre l’État et son partenaire industriel. Il ne s’agit pas d’une fusion entre les deux actionnaires ni d’une détention commune des titres. Chacun conserve sa participation dans Thales, mais certaines décisions de gouvernance sont encadrées par leur concertation.

Dassault Aviation n’a pas l’intention d’acquérir seul le contrôle de Thales, le concert détenant déjà ce contrôle. Dassault Aviation indique aussi pouvoir poursuivre des acquisitions selon les opportunités de marché, tout en maintenant la prédominance de l’État au sein du concert.

La portée du pacte dépasse donc la question du nombre d’actions. Elle concerne la stabilité de l’actionnariat, la composition des organes de direction et la manière dont les deux partenaires coordonnent leur position. Le texte intégral des clauses actuelles n’est pas reproduit dans les pages publiques utilisées ici : il faut donc éviter d’attribuer au pacte des mécanismes précis qui ne sont pas documentés dans les publications accessibles.

L’historique juridique rappelle toutefois que l’État dispose de droits spécifiques dans l’architecture de Thales. Un avis publié sur Légifrance en 2006 mentionne la possibilité pour l’État de mettre fin à certains droits spécifiques d’un partenaire industriel, de demander une suspension partielle des droits de vote ou d’exiger une cession de titres dans certaines circonstances. Cet avis est antérieur à l’adhésion de Dassault Aviation au pacte en 2009 et ne doit pas être présenté comme le texte intégral du pacte actuel.

Qui contrôle Dassault Aviation et que signifie la participation familiale ?

Au 7 septembre 2026, le Groupe Industriel Marcel Dassault détient 67,31 % du capital et 80,41 % des droits de vote de Dassault Aviation.

Cette donnée répond à une question souvent mal formulée. Dassault Aviation est la société cotée qui détient la participation affichée dans Thales. Le Groupe Industriel Marcel Dassault, souvent désigné par son sigle GIMD, est l’actionnaire de contrôle de Dassault Aviation. La famille Dassault est, quant à elle, liée à la gouvernance et au contrôle du groupe à travers cette structure industrielle.

La chaîne de détention doit donc être lue dans cet ordre : le Groupe Industriel Marcel Dassault contrôle Dassault Aviation, et Dassault Aviation détient une participation dans Thales. Il ne faut pas confondre les 67,31 % du capital de Dassault Aviation avec une détention directe de 67,31 % de Thales.

Les droits de vote renforcent encore cette maîtrise de Dassault Aviation. Avec 80,41 % des droits de vote pour 67,31 % du capital, le Groupe Industriel Marcel Dassault dispose d’un poids supérieur à sa part économique dans les décisions de Dassault Aviation. Cette structure explique pourquoi les questions « qui détient Dassault Aviation ? » et « qui détient Thales ? » appellent deux réponses différentes.

Thales figure aussi parmi les participations stratégiques de Dassault Aviation, mais la société reste une entité cotée distincte. Cette séparation juridique compte pour l’analyse d’un portefeuille, d’une gouvernance ou d’un éventuel investissement sur Euronext Paris.

Quelles données faut-il écarter comme historiques ?

Le 25 novembre 2009, la CFDT Thales présentait encore l’État à 27 % du capital et Dassault Aviation à 25,93 %, des chiffres historiques qui ne décrivent plus la situation publiée au 30 juin 2026.

Ces pourcentages renvoient au contexte de l’opération de 2009, lorsque Dassault Aviation avait pris la place d’Alcatel-Lucent au capital de Thales. Ils permettent de comprendre l’origine de la position de Dassault Aviation, mais ils ne doivent pas servir à répondre à la question de l’actionnariat actuel.

La même prudence s’applique à un tableau donnant, au 31 décembre 2023, 26,06 % du capital et 36,09 % des droits de vote pour l’État, ainsi que 26,05 % du capital et 29,92 % des droits de vote pour Dassault Aviation. Ces chiffres sont utiles pour suivre une évolution, mais ils sont remplacés par les données plus récentes de Thales au 30 juin 2026 lorsqu’il s’agit de décrire la situation actuelle.

Les anciennes données peuvent rester visibles dans les moteurs de recherche parce qu’elles sont reprises dans des tableaux, des articles ou des documents syndicaux. Une date placée à côté du pourcentage change pourtant complètement sa portée. Pour vérifier une évolution, il faut comparer deux publications datées et conserver séparément le capital, les droits de vote et le périmètre de présentation.

Cette méthode vaut aussi pour les données boursières. Le cours de Thales affiché le 11 septembre 2026 à 226,80 € correspond à une cotation ponctuelle, pas à la valeur permanente de l’entreprise ni à un conseil d’achat. Les informations générales présentées ici ne constituent pas un conseil personnalisé : avant une décision importante, un particulier peut consulter un conseiller financier habilité.

Questions fréquentes

Qui sont les principaux actionnaires de Thales ?

Les deux principaux actionnaires de Thales sont l’État français et Dassault Aviation, avec respectivement 26,60 % et 26,59 % du capital au 30 juin 2026. Les salariés détiennent 2,93 % du capital et Thales possède 0,23 % de ses propres actions.

Qui est l’actionnaire majoritaire de Dassault Aviation ?

Le Groupe Industriel Marcel Dassault est l’actionnaire majoritaire de Dassault Aviation, avec 67,31 % du capital et 80,41 % des droits de vote au 7 septembre 2026. Cette position concerne Dassault Aviation, pas une détention directe équivalente de Thales.

Quelle est la participation de l’État dans Thales ?

L’État français détient 26,60 % du capital de Thales et 36,34 % de ses droits de vote au 30 juin 2026. Sa position est donc plus influente dans les votes que ne le suggère sa seule part du capital.

Qui détient le groupe Dassault ?

Le Groupe Industriel Marcel Dassault détient la majorité de Dassault Aviation. Il faut distinguer cette structure de Dassault Aviation elle-même, qui est la société affichant une participation de 27 % dans Thales dans son organigramme du 7 septembre 2026.

La lecture la plus fiable consiste à retenir 26,60 % du capital et 36,34 % des droits de vote pour l’État, contre 26,59 % et 29,95 % pour Dassault Aviation au 30 juin 2026. Le chiffre arrondi de 27 % publié par Dassault Aviation complète cette information sans s’y substituer.

Sources

Sources consultées le 12 septembre 2026.

Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.

  1. www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000460875
  2. Thales : Actionnaires, composition de l’Actionnariat – Zonebourse, www.zonebourse.com/cours/action/THALES-4715/societe-actionnaires/
  3. Actionnaires de la société Thales – BFM Bourse, www.tradingsat.com/thales-FR0000121329/actionnariat.html
  4. www.zonebourse.com/cours/action/THALES-4715/societe/
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L'auteur
Patrick

« Patrick » est la signature éditoriale d’OpesC, un pseudonyme. Les articles publiés sous ce nom traitent des questions d’argent du quotidien et de l’argent public, à partir des sources officielles (Légifrance, service-public.fr, URSSAF, HATVP) citées dans le texte.

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