24/10/2007

Merrill Lynch troisième trimestre 2007

Un trimestre sous le signe des pertes pour la première fois depuis 6 ans.

Les résultats de Merrill Lynch sont proprement catastrophiques, le revenu net se réduit à 577 millions de dollars. Le résultat net est négatif de 2314 millions de dollars.
Le management a préféré sagement jouer la carte de la franchise lors de la réunion de présentation de ses résultats. La direction l'a signalé, elle s'était mal préparée au choc de liquidité qui a touché les marchés. Le PDG a d'ailleurs assumé personnellement les résultats catastrophiques de la société, un geste suffisamment rare pour être signalé. Le sens de la responsabilité n'est pas précisément ce qui caractérise les banquiers américains ces dernières années.
Il convient de rentrer un peu dans les détails pour mesurer l'ampleur du choc qui fait baisser le Dow.
La baisse de revenu provient des pertes enregistrées sur le marché de la dette du fait d'une exposition mal gérée de l'aveu même du management. Contrairement à un passage en provision les pertes sur transactions s'imputent d'abord sur les revenus. C'est pourquoi le chiffre de 577 millions de dollars de revenus publiés ne reflète que très imparfaitement la situation.
Il faudra attendre le prochain trimestre pour avoir un chiffre fiable sur les revenus de la société, pour l'instant on ne peut que constater l'ampleur des dégâts sans avoir de visibilité sur les revenus que la compagnie est capable de générer lorsque la situation sera assainie. La bonne tenue relative des autres divisions incite à penser que le management a peut être voulu faire une opération coup de torchon qui a de nombreuses vertus que l'on peut énumérer.
- L'Imputation immédiate d'un gros passif permet de récupérer une partie de l'IS versé au trésor publique et constituera de précieuses liquidités dans un environnement troublé.
- On peut se douter que d'autres équipes ont été tentées d'édulcorer les résultats pour éviter d'être prise en défaut. Or étant donné l'ampleur des dégâts on peut se douter que le système judiciaire américain s'en mêlera, des têtes tomberont.

En définitive on peut se demander si le management n'en a pas rajouté un peu pour pouvoir mieux rebonndir lorsque d'autres seront obligés de publier de lourdes pertes.

En jouant la transparence le management se met paradoxalement dans une solide position juridique en cas de contentieux.

On doit noter que la société a immédiatement révisé sa politique de rémunération puisque les salaires et compensations ont baissé de 50% sur an à un peu de milliards de dollars. Sur un plan plus général on peut souligner que le retrait rapide des salaires de la finance aura un effet très important pour certaines zones aux Etat-Unis et joueront comme un accélérateur de la récession. Au surplus il serait surprenant que Merrill Lynch ne se lance pas dans une politique de réduction de coût encore plus agressive qui passera pas licenciements massif.
En définitive MerrilLynch confirme ce dont on pouvait se douter les pires effets de la crise de cet été sont encore à venir.

Auteurs: Eric Grémont

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