Prélèvement Protected : à quel abonnement correspond-il ?
Par Patrick · · 7 min de lecture

Un montant modeste quitte votre compte, le libellé est court et aucune facture n’est arrivée : le débit passe d’abord inaperçu, puis il intrigue. « Protected » est un mot générique qui ne dit rien du service acheté. Derrière lui peut se trouver une société, un abonnement ou une simple piste à écarter. Bien lu, votre relevé permet pourtant de savoir qui prélève. Et si vous ne reconnaissez pas ce débit, vous pouvez le contester, puis le bloquer.
En bref.
- Le prélèvement Protected correspond très probablement à un abonnement de cybersécurité grand public de la société Protected (SIREN 852081991), proposé à 6,99 €, 9,99 € ou 14,99 € par mois selon la formule.
- Seul votre relevé tranche : le montant doit coïncider avec l’une de ces trois formules, et l’identifiant du créancier (ICS) et la référence unique de mandat (RUM) doivent être relevés auprès de votre banque.
- Un prélèvement autorisé se conteste dans les 8 semaines suivant le débit ; un prélèvement non autorisé, dans les 13 mois.
- Pour arrêter la suite, il faut révoquer le mandat auprès du créancier et faire opposition auprès de la banque.
Qui se cache derrière le prélèvement Protected ?
Un prélèvement Protected est très probablement un débit déclenché par la société Protected sur la base d’une autorisation donnée par le titulaire du compte, le mandat. Pour un libellé « Protected », la première piste est la société du même nom : le registre public des entreprises (recherche-entreprises.api.gouv.fr) recense une société PROTECTED, SIREN 852081991, créée le 19 juin 2019, active, avec le code d’activité 58.29C, dont le siège est indiqué au 66 avenue des Champs-Élysées, 75008 Paris.
Le site protected.eu confirme le lien : il a pour propriétaire la SAS Protected, immatriculée sous le même numéro 852081991, avec une adresse au 128 rue de la Boétie, 75008 Paris. Les deux adresses diffèrent, ce qui peut s’expliquer par un déménagement, mais mieux vaut conserver les deux si vous écrivez au créancier. Protected est aussi responsable du traitement des données personnelles et éditeur du site.
Le registre contient aussi plusieurs autres sociétés dont le nom comprend « Protected » (World Protected, Protected Networks GmbH, Protected Noble Metals France, entre autres). Un libellé de relevé tronqué ne permet pas de les départager : seul le montant, la date et l’ICS le font. Si vous constatez un montant inhabituel, votre banque peut aussi vous indiquer le nom complet du créancier.
Que vend Protected, et à quel prix ?
Protected se présente comme un service de cybersécurité pour les particuliers, regroupé dans une seule application pour smartphones, tablettes et ordinateurs. Le service annonce de l’antivirus, un VPN, du contrôle parental, une protection contre l’hameçonnage et les arnaques, un gestionnaire de mots de passe, un accompagnement humain à trois niveaux, ainsi que des indemnités financières et une assistance juridique en cas d’usurpation d’identité ou de fraude. Trois profils sont mis en avant : Senior, Famille et Initié.
Protected propose trois formules mensuelles, toutes « sans engagement ». Le tableau ci-dessous donne ces prix et le total sur douze mois.
| Formule | Prix par mois | Total sur 12 mois | Contenu mis en avant |
|---|---|---|---|
| Basic | 6,99 € | 83,88 € | Pas de garantie |
| Safe | 9,99 € | 119,88 € | Basic, plus antivirus, vie privée, achats en ligne sécurisés, gestionnaire de mots de passe, contrôle parental |
| Premium | 14,99 € | 179,88 € | Safe, plus cryptage de documents, VPN illimité, assistance cyberharcèlement |
Pour le tarif annuel, les conditions de résiliation et le mode de paiement, il faut s’adresser au service client. Un montant de 6,99 €, 9,99 € ou 14,99 € sur votre relevé est donc un indice sérieux, mais pas une preuve : d’autres commerçants facturent les mêmes sommes.
Comment vérifier que le débit vient bien de ce service ?
Le libellé seul ne suffit pas. Chaque prélèvement SEPA repose sur un mandat qui comporte, selon la Banque de France, le titre « Mandat de prélèvement SEPA », les coordonnées du créancier, son identifiant créancier SEPA (ICS) et une référence unique de mandat (RUM). Ce sont ces deux codes qui désignent sans ambiguïté qui prélève et au titre de quel accord. Dans votre espace bancaire, ils figurent souvent dans le détail de l’opération ou dans la liste des mandats.
Le premier réflexe consiste à relever la date, le montant exact, l’ICS et la RUM, puis à les comparer avec les courriels reçus à la souscription. Un message de confirmation, un contrat en ligne ou une application installée sur un téléphone sont autant d’indices d’un abonnement. Vous pouvez aussi appeler le service client de Protected, joignable au 01 88 24 55 57 du lundi au vendredi de 9 h à 19 h et le samedi de 9 h à 17 h, ou utiliser son formulaire de contact, qui prévoit un objet « modifier ou résilier un abonnement ».
Sachez enfin que le créancier doit vous avertir d’un prélèvement au moins 14 jours calendaires avant la date de paiement, avec au minimum la date et le montant, sauf accord différent entre les deux parties. Une absence totale de notification, jointe à un montant récurrent que vous ne reconnaissez pas, mérite d’être signalée à la banque. Pour apprendre à décoder les références d’un compte, notre page sur le code banque d’un RIB rappelle à quoi servent les différents blocs.
Dans quels délais contester le prélèvement Protected ?
Tout dépend de la présence ou non d’un mandat valide. D’après la réponse du ministère de l’Économie à la question écrite n° 4796, publiée au Journal officiel le 24 juin 2025, un prélèvement autorisé peut être contesté dans les 8 semaines suivant le débit, sans avoir à justifier la demande, et la banque rembourse alors dans les 10 jours ouvrables. Un prélèvement non autorisé (mandat absent, révoqué ou caduc) peut l’être pendant 13 mois à compter du débit.
Exemple chiffré : un débit de 14,99 € passé le 3 novembre ouvre une contestation sans motif jusqu’au 29 décembre, soit 8 semaines ou 56 jours plus tard. Si aucun mandat n’a jamais été signé, la contestation reste possible 13 mois après la même date. Un mandat devient par ailleurs caduc quand aucun prélèvement n’a été présenté pendant 36 mois.
| Situation | Délai pour contester | Source |
|---|---|---|
| Prélèvement autorisé (mandat signé) | 8 semaines après le débit | Ministère de l’Économie, réponse du 24 juin 2025 |
| Prélèvement non autorisé (mandat absent, révoqué ou caduc) | 13 mois après le débit | Ministère de l’Économie, réponse du 24 juin 2025 |
| Préavis du créancier avant le débit | Au moins 14 jours calendaires | Banque de France |
Si votre carte bancaire, et non votre compte, a servi à régler un service en ligne, la procédure diffère : l’article sur la contestation d’un paiement par carte détaille cette autre voie.
Comment faire cesser les prélèvements Protected ?
Se faire rembourser ne suffit pas : sans autre démarche, le débit suivant peut se représenter. Le mandat peut être révoqué à tout moment, auprès du créancier, et la Banque de France recommande d’en informer aussi sa banque. Vous pouvez parallèlement faire opposition auprès de votre banque, qui bloque alors les prélèvements concernés. Pour un abonnement que vous avez réellement souscrit, la résiliation passe d’abord par le service client, qui reçoit les demandes de résiliation par formulaire.
La banque offre aussi des outils de filtrage. Selon la réponse ministérielle, le client peut dresser une liste noire de créanciers exclus ou une liste blanche de créanciers seuls autorisés. La liste blanche limite le risque de voir un inconnu se servir sur le compte, au prix d’une mise à jour à chaque nouvel abonnement légitime.
Conservez les preuves : relevé, échanges avec le créancier, courriel de confirmation éventuel. Un prélèvement SEPA mal compris devient plus simple à traiter dès que les deux codes, ICS et RUM, sont retrouvés. Les situations voisines, avec d’autres émetteurs peu lisibles, sont traitées dans la rubrique prélèvements, par exemple le prélèvement Alma 176 avenue.
Questions fréquentes
Un prélèvement Protected de 14,99 € est-il forcément un abonnement Premium ?
Non. Ce montant coïncide avec la formule Premium affichée à 14,99 € par mois, mais d’autres commerçants prélèvent la même somme. Seul le couple ICS et RUM, relevé auprès de votre banque, désigne le créancier avec certitude.
Que faire si aucun mandat n’a jamais été signé ?
Contestez le débit auprès de votre banque : pour un prélèvement non autorisé, le délai est de 13 mois à compter de la date de débit. Faites aussi opposition pour bloquer les prochains prélèvements et révoquez le mandat auprès du créancier s’il existe.
Faut-il prévenir la banque ou le créancier pour mettre fin à l’abonnement ?
Les deux. La révocation du mandat se notifie au créancier, et la Banque de France recommande d’en informer aussi sa banque. Cette double démarche évite qu’un débit déjà programmé soit présenté.
Peut-on contester après 8 semaines ?
Oui, mais seulement si le prélèvement n’était pas autorisé : le délai monte alors à 13 mois. Pour un prélèvement autorisé, passé 8 semaines, le remboursement automatique n’existe plus et il faut discuter avec le créancier.
Le nom Protected désigne-t-il toujours la même société ?
Non. Le registre des entreprises recense plusieurs sociétés dont le nom contient « Protected ». La société de cybersécurité est identifiée par le SIREN 852081991.
Où joindre le service client de Protected ?
Au 01 88 24 55 57, du lundi au vendredi de 9 h à 19 h et le samedi de 9 h à 17 h, ou par le formulaire de contact du site, qui propose un objet pour modifier ou résilier un abonnement.
Sources
- Banque de France, « Qu’est-ce qu’un prélèvement SEPA ? Comment fonctionne-t-il ? », https://www.banque-france.fr/fr/a-votre-service/particuliers/mieux-connaitre-moyens-paiement/prelevement-sepa, consultée le 15 octobre 2026.
- Banque de France, « Le prélèvement SEPA », FAQ Les paiements en questions, https://www.banque-france.fr/stabilite-financiere/comite-national-des-paiements-scripturaux/faq-les-paiements-en-questions/le-prelevement-sepa, consultée le 15 octobre 2026.
- Assemblée nationale, question écrite n° 4796 (17e législature) et réponse du ministère de l’Économie, https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-4796QE.htm, consultée le 15 octobre 2026.
- Recherche d’entreprises (API gouv.fr), entreprises dont la dénomination contient « protected », https://recherche-entreprises.api.gouv.fr/search?q=protected, consultée le 15 octobre 2026.
- Protected, « Politique de confidentialité & Mentions légales », https://protected.eu/politique-de-confidentialite, consultée le 15 octobre 2026.
- Protected, page de tarifs, https://protected.eu/pricing, consultée le 15 octobre 2026.
- Protected, page de contact, https://protected.eu/contact, consultée le 15 octobre 2026.
- Protected, page d’accueil, https://protected.eu, consultée le 15 octobre 2026.